La devise
Première le 23 Mai au parc du Château de Vizille Photo prise lors de la résidence au centre doc du musée de la révolution de Vizille (38)
Création 2026. Bientôt en diffusion Première le 23 Mai au parc du Château de Vizille
Un homme mandaté par des pouvoirs publics doit aller expliquer à des élèves ce que signifie La République à travers la devise française. L’objectif du discours ? Dire l’urgence de redonner du sens à la devise, dans le contexte très tendu de 2015 dû aux attentats à Charlie Hebdo puis au Bataclan. En train de répéter son discours, il est coaché par une metteuse en scène sur sa posture physique et intellectuelle…
Car, en effet, notre conférencier Sébastien Le Gus n’a pas trop de recul : il écrit ce qu’on attend sur la devise. Il trouve que « liberté, égalité, fraternité » est effectivement la meilleure devise. Pour lui elle est « considérée comme la plus belle, la plus audacieuse, la plus moderne, la plus propre à montrer la voie à l’humanité. » Son discours est politiquement correcte, récitatif. Il donne à entendre ce qu’on attend de lui et prépare aux élèves un exposé finalement très convenu…
C’est là que le personnage de la metteuse en scène intervient. Elle essaye de comprendre avec lui cette devise et cherche avant tout à lui donner un sens. Elle va lui donner une leçon philosophique et
politique en l’interrogeant sur chacune de ses certitudes. Cette femme a l’esprit critique beaucoup plus développé que notre conférencier : elle va l’inciter à réfléchir sur la signification de cette devise en l’interrogeant par exemple sur la notion de «liberté ». Elle lui démontre de façon d’ailleurs assez drôlatique que lorsqu’on revendique la liberté, il faut toujours préciser de quoi on parle. Que sans la notion d’égalité, la liberté fera toujours gagner ceux qui sont le mieux armés et prend pour conclure la célèbre métaphore du renard – libre de manger les poules – dans un poulailler.
La pièce La devise ressemble un peu à une friandise. Doucereuse, à l’image de Sébastien qui vient annoncer « la bonne parole » pour former ou instruire les futurs citoyen.ne.s, elle devient vite beaucoup plus relevée, un peu piquante en bouche même et gagne du relief ! Il s’agit de questionner la devise plutôt que de réciter les valeurs de notre république. Quel contenu donner à la liberté, l’égalité et la fraternité ?
La coach-metteuse en scène donne, au conférencier et, par là même au public, une belle leçon politique puisqu’elle amène à la discussion. C’est une de mes principales intentions de mise en scène : faire entendre et ressortir cette capacité à se questionner afin de susciter un peu plus de discussions après la représentation.
Genèse :
Après la création Nous étions debout et nous ne le savions pas, j’avais envie d’une forme plus légère. Et en découvrant la courte pièce de théâtre La devise de François Bégaudeau, j’ai eu rapidement le désir de la monter notamment pour son côté irrévérencieux. C’est ce que j’aime chez François Bégaudeau, son écriture fluide et acérée.
La devise vient s’inscrire comme le dernier volet du triptyque qu’elle forme avec les pièces Sea Shepherd 77 et Nous étions débout et nous ne le savions pas.
- 1ère résidence : Du jeudi 23 au vendredi 24 octobre 2025 à l’EPJ
- 2 ème résidence : 5-6-7 novembre 2025 au Grenier des Halles à La Tour du Pin
- 3ème résidence : 3,4 et 5 décembre au musée de la Révolution à Vizille